Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? par Eva Joly

Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?

Titre de livre: Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?

Éditeur: Folio

ISBN: 2070314820

Auteur: Eva Joly


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Eva Joly avec Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?

Fait exceptionnel en France, cet ouvrage avait été retiré de la vente à parution, en juin 2003, pendant l’instruction du procès Elf. En effet, le bâtonnier de Paris avait saisi le garde des Sceaux pour protester contre la parution du livre au nom d’un "manquement au droit de réserve", Eva Joly ayant été le magistrat en charge du dossier Elf jusqu'en 2002. Une fois le réquisitoire prononcé et les jugements rendus, le lecteur a pu enfin accéder à cet ouvrage...
Il n’y a pas, à vrai dire, de révélations dans Est-ce dans ce monde que nous voulons vivre ? C’est à la fois le récit de l’instruction de l’affaire Elf et une réflexion sur le rôle de la justice dans un monde dirigé par quelques puissants jouissant d’une totale impunité. Mais on y découvre tout de même l’incroyable système qui sous-tend l’affaire. Après la privatisation du groupe Elf en 1994, Eva Joly découvre progressivement la trace de sociétés off-shore, de comptes numérotés, de systèmes de malversation. Au fur et à mesure qu’elle et son équipe progressent dans leur enquête sur le triumvirat Le Flock, Sirven, Tarallo, les menaces et les intimidations surviennent sous forme de lettres anonymes, de portes forcées, de bureaux visités, de téléphones piratés, de pressions physiques. Eva Joly raconte ces sept ans d’instruction où elle fut mise sous protection judiciaire, perdant toute possibilité de vie privée, vivant dans une anxiété constante. On lit entre les lignes un sentiment de reproche à l'égard de la corporation des juristes en général et du système français en particulier. Facilement accusée d’être devenue une sorte de star de la justice à la fois paranoïaque et mythomane, Eva Joly s’est sentie seule, abandonnée et ostracisée. De la bouche d’un ami avocat, elle s’entendit dire : "Mais c’est la France, Madame ! Vous avez voulu changer la France, mais c’est impossible…" Devant tant de pressions, elle a préféré retourner en Norvège, son pays d’origine, où elle est conseiller auprès du ministre de la Justice et du ministre des Affaires étrangères.
En annexe du récit se trouve la Déclaration de Paris, projet d’action contre la grande corruption. Eva Joly y propose comme projet de lois européennes une "veille bancaire" des grandes sociétés, la création d’un délit de grande corruption, une coopération internationale contre le blanchiment d’argent et, surtout – révolution ! –, "la suspension des immunités diplomatiques, parlementaires, judiciaires, le temps des enquêtes financières". Vaste programme : une fois de plus, Eva Joly ne va pas se faire que des amis… --Denis Gombert

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En annexe du récit se trouve la Déclaration de Paris, projet d’action contre la grande corruption. Eva Joly y propose comme projet de lois européennes une "veille bancaire" des grandes sociétés, la création d’un délit de grande corruption, une coopération internationale contre le blanchiment d’argent et, surtout – révolution ! –, "la suspension des immunités diplomatiques, parlementaires, judiciaires, le temps des enquêtes financières". Vaste programme : une fois de plus, Eva Joly ne va pas se faire que des amis… --Denis GombertFait exceptionnel en France, cet ouvrage avait été retiré de la vente à parution, en juin 2003, pendant l’instruction du procès Elf. En effet, le bâtonnier de Paris avait saisi le garde des Sceaux pour protester contre la parution du livre au nom d’un "manquement au droit de réserve", Eva Joly ayant été le magistrat en charge du dossier Elf jusqu'en 2002. Une fois le réquisitoire prononcé et les jugements rendus, le lecteur a pu enfin accéder à cet ouvrage...
Il n’y a pas, à vrai dire, de révélations dans Est-ce dans ce monde que nous voulons vivre ? C’est à la fois le récit de l’instruction de l’affaire Elf et une réflexion sur le rôle de la justice dans un monde dirigé par quelques puissants jouissant d’une totale impunité. Mais on y découvre tout de même l’incroyable système qui sous-tend l’affaire. Après la privatisation du groupe Elf en 1994, Eva Joly découvre progressivement la trace de sociétés off-shore, de comptes numérotés, de systèmes de malversation. Au fur et à mesure qu’elle et son équipe progressent dans leur enquête sur le triumvirat Le Flock, Sirven, Tarallo, les menaces et les intimidations surviennent sous forme de lettres anonymes, de portes forcées, de bureaux visités, de téléphones piratés, de pressions physiques. Eva Joly raconte ces sept ans d’instruction où elle fut mise sous protection judiciaire, perdant toute possibilité de vie privée, vivant dans une anxiété constante. On lit entre les lignes un sentiment de reproche à l'égard de la corporation des juristes en général et du système français en particulier. Facilement accusée d’être devenue une sorte de star de la justice à la fois paranoïaque et mythomane, Eva Joly s’est sentie seule, abandonnée et ostracisée. De la bouche d’un ami avocat, elle s’entendit dire : "Mais c’est la France, Madame ! Vous avez voulu changer la France, mais c’est impossible…" Devant tant de pressions, elle a préféré retourner en Norvège, son pays d’origine, où elle est conseiller auprès du ministre de la Justice et du ministre des Affaires étrangères.
En annexe du récit se trouve la Déclaration de Paris, projet d’action contre la grande corruption. Eva Joly y propose comme projet de lois européennes une "veille bancaire" des grandes sociétés, la création d’un délit de grande corruption, une coopération internationale contre le blanchiment d’argent et, surtout – révolution ! –, "la suspension des immunités diplomatiques, parlementaires, judiciaires, le temps des enquêtes financières". Vaste programme : une fois de plus, Eva Joly ne va pas se faire que des amis… --Denis Gombert